Auprés de ma blonde...

j5661

Voilà ce qu'elle chantonne  ma p'tite maman en astiquant le vieux buffet luisant de cire.Manches retroussées sur ses bras dorés de soleil .En ce jour d'été ,toutes fenêtres et porte vitrée ou verte sur la terrasse ,maman  fait  "le ménage en grand" comme chaque semaine. Je chante avec elle tout en l'admirant.Elle est si jolie dans sa blouse fleurie  ouverte sur un décolleté charmant (j'ai capté le regard de papa...)  je sais qu'il l'adore même si il la taquine souvent  à cause du mènage...moi ça me fait rire . Elle manie le balai à franges avec dextérité ,un va et vient qui amuse Mickey le chat qui enchaîne glissades et galipettes sur le parquet ciré .

vide_R40628

."Allez ma puce pousse toi ,tu me gênes , vas sur la terrasse." Ah la terrasse c'est mon paradis.Ombragée d'une treille aux beaux jours  elle donne sur la rivière plus bas (nous habitons un petit appartement au premier étage d'une vieille maison).Maman l'a aménagé avec soin et coquetterie ."Fais attention où tu marches ma cocotte" me serine t'elle quand je rentre...Voilà c'est ma p'tite mère qui chantonne toujours "Auprés de ma blonde qu'il fait bon ..fait bon",ce refrain elle l'a piqué à Alphonse mon grand père qui la chante en mettant au four dans son fournil !Ah qu'il fait doux auprés d'eux...

dREAM world

Posté par Florelle à 14:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,


11 septembre 2010

Anne Perrier,Suisse (1916-200) Cadeau pour vous

twilight_angel
« Par la rivière par le fleuve
Qu’on me laisse à présent partir
La mer est proche je respire
Déjà le sel ardent
Des grandes profondeurs
Les yeux ouverts je descendrais au cœur
De la nuit tranquille
Je glisserais entre les arbres de corail
Écartant les amphores bleues
Frôlant la joue
Enfantine des fusaïoles
Car c’est là qu’ils demeurent
Les morts bien-aimés
Leur nourriture c’est le silence la paix
Ils sont amis
Des poissons lumineux des étoiles
Marines ils passent
Doucement d’un siècle à l’autre ils parlent
De Dieu sans fin
Ils sont heureux
Ô ma mémoire brise-toi
Avant d’aller troubler le fond
De l’éternité
Ainsi parle Ophélie
Dans le jardin désert
Et puis se tait toute douleur
La rivière scintille et fuit
Sous les feuilles
Le vent seul
Porte sa plainte vers la mer »
Anne Perrier, « Prière » [extrait] in Œuvres poétiques, 1952-1994, L’Escampette, 1996 ; Anthologie de la poésie française du XXe siècle, Gallimard, Collection Poésie, 2000, pp. 197-198. Édition de Jean-Baptiste Para.

Posté par Florelle à 16:59 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,