09 juin 2010

Une drôle de paroissienne...3

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Vous racontez des dizaines de rencontres, toutes plus burlesques les unes que les autres.

Le chemin de Saint-Jacques a un peu changé ce mi-chèvre mi-chou, il a raffermi ma foi. Mais je l’ai à ma façon. Chacun vit sa foi à sa façon. Autrefois, les gens avaient la foi ou ne l’avaient pas. Nous, dans notre génération – j’ignore si c’est à cause de la physique quantique, où le chat de Schrödinger est à la fois mort et vivant... – on peut en même temps avoir la foi et ne pas l’avoir  : je le ressens comme ça. Ma période athée a laissé des traces et pas que des mauvaises. Je suis toujours agacée par les gens qui déboulent avec leur catéchisme  et la solution à tous les problèmes… A Leon, une religieuse qui nous donnait la bénédiction, rappelait cette évidence : Jésus a dit qu’il était le chemin. On le cherche partout mais c’est lui le chemin. C’est tellement simple. Je n’y avais pourtant jamais pensé auparavant. J’ai compris qu’en marchant, nous étions à l’intérieur même de Dieu. C’est nous qui le faisions marcher. Nous lui débouchions les artères : le chemin de Saint-Jacques est une sorte de pontage. Le pèlerin est quelqu’un qui marche, qui souffre, qui admire et qui aime : il est en plein cœur de Dieu. Les pèlerins, qu’ils aient la foi ou non, ont cette admiration pour le paysage et la Création (Dieu le Père) et font l’expérience de la douleur quotidienne (comme le Fils) tout comme celle de la fraternité (comme l’Esprit). Même si les gens ne croient pas et l’interprètent d’une autre façon, le travail de pèlerin est chrétien. C’est à mes yeux la forme d’une spiritualité infiniment vivante.

En avant, route !  d'Alix de Saint-André, Gallimard, 19,50 €.

Posté par Florelle à 10:16 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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