08 juillet 2011

Un Conte pour l'Eté..1

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'L'Univers se met à chanter si tu trouves le Mot Magique...'

citation d 'Eichendorff   

'Prononcer , Ecrire les Mots à l'Envers est le seul moyen de pénétrer au Coeur de la Féerie c'est à dire:

'Passer à Travers le Miroir'

  

« La Maison abandonnée »

En sortant du bourg,Sidoine remarque la maison abandonnée au bout de l’allée de peupliers ; elle est solitaire sous son manteau de lierre déchiré et ses volets sont clos . Poussée par elle ne sait quoi elle s’engage dans la longue allée , le sol moussu étouffe le bruit de ses pas ; une barrière de bois brûlée par le soleil ferme le jardin. Un morceau d’une plaque ancienne pend lamentablement dans le lierre ; on déchiffre quelques lettre : «  Ulbé » .le reste est effacé « ça ne veut rien dire » pense Sidoine ,elle hésite un peu puis pousse la barrière qui s’ouvre sans bruit .Le sentier jadis gravillonné est aujourd’hui dénudé on voit la terre ocre au travers des herbes folles qui le prennent d’assaut . Les myosotis en folie fleurissent un peu partout , un rosier échevelé tente de survivre étouffé par les orties , seules une ou deux roses blanche s’épanouissent au soleil .Un peu gênée , car ce n’est pas son habitude , Sidoine cherche dans le manteau de lierre et trouve(est ce un hasard ?) une grosse clé tarabiscotée ayant la silhouette d’une Licorne , elle tourne facilement dans a serrure , de la main la jeune femme pousse la porte qui s’ouvre silencieusement révélant ainsi une grande pièce .

Les raies du soleil filtrent par les interstices des volets de bois , un fauteuil paillé tend « les bras » à la visiteuse qui franchit le seuil ; des odeurs de cire et de camphre mêlées flottent dans l’air . Sidoine traverse la pièce en ouvre les fenêtres et les volets dans un crissement de poussière , ces dernières donnent sur un sentier envahit par les avoines folles . Le dos appuyé à la balustrade d’une des fenêtre la visiteuse détaille du regard ce qui lui semble être davantage un atelier qu’un salon .Pèle-mêle sur la longue table , bouquins , compas ,papiers règles plumes et crayons se côtoient . Prés de l’une des fenêtres trône un chevalet recouvert d’un morceau de drap qu’elle n’ose pas soulever . Une palette de peintre dont les couleurs ont séchées , des pinceaux gisent sur le sol prés d’un tabouret renversé .

 Un bouquet de violettes fanées entouré d’une collerette de papier dentelle , de longs gants de daim, une pochette de soirée d’un blanc jaunis sont posés sur le piano ouvert , ainsi qu’une partition chiffonnée que Sidoine défroisse elle y reconnaît les mesures de la Valse Triste de Sibèlius et se surprend à en fredonner l’air nostalgique ! La tapisserie des murs est salie, des taches plus claires témoignent de la place des tableaux disparus . Sidoine gravit l’escalier qui mène à l’étage , ce faisant elle dérange une souris aussi effrayée qu’elle qui s’enfuit à toutes pattes vers la sortie . Sur le palier il y a quatre portes , dont une est fermée. Les trois autres entr’ouvertes laissent apercevoir un coin de lit , un rideau , une chaise , rien d’original , ce sont des chambres ordinaires ! Sidoine commence à redescendre l’escalier quand elle se souvient de la quatrième porte fermée , se ravisant elle franchit les marches descendues et se précipite vers cette dernière ,hésite un peu puis appuie sur le loquet de porcelaine. Un flot de soleil l’éblouit une fraction de seconde . Les rideaux de mousseline blanche frissonnent dans l’air de la fenêtre grande ouverte .Un lit Récamier recouvert d’une jeté de lit bleu et blanc , une coiffeuse en bois de rose ,un tabouret enjuponné de même tissus , un guéridon de bois blond , tout indique qu’une femme peut être une jeune fille occupe cette chambre .

 Sidoine marche avec précaution sur le tapis bleu , se penche à la fenêtre , elle est émerveillée par le jardin qu’elle découvre . Toute la gamme des bleus accompagne les rosiers blanc , le seringa , un vrai tableau de peintre « tiens , il doit donner sur l’arrière de la maison , ce n’est pas celui que j’ai vu en arrivant » pense t-elle .Un parfum de marjolaine l’enveloppe soudain comme une écharpe , se retournant , elle capte l’envolée furtive d’une robe blanche dans la psychée.

à suivre si vous le souhaitez

(illustrations perso)

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07 mai 2009

Et alors....

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Il fait encore nuit , quand elle nous réveille. Sans protester car nous pressentons que c’est un jour important nous descendons dans la cuisine . Ensemble nous déjeunons ; sur ses conseils nous enfilons des bottes car :-« y’a d’l’aigail » c'est-à-dire de la rosée , l’automne est là .  Elle pose sur mes épaules sa cape de bergère… donne à Jean la besace de grand-père dont il passe la courroie sur son épaule  et l’air de rien me dit :-« à l’Embellie tu sauras c’ qui faut faire… allez maintenant c’est l’heure ! »tout en parlant elle nous accompagne à la barrière du jardin pose sa main sur la mienne –«  vas ma m’gnonne » !

Mestachibo_09L’aube est encore loin lorsque nous prenons le chemin creux qui mène aux quatre Chênes , il fait noir sous les arbres. Je passe mon bras sous celui de Jean dont la main emprisonne la mienne ça me rassure. Nous n’avons pas besoin de parler étant sur la même longueur d’ondes .Au début du sentier menant à l’Embellie , nous hésitons un peu , très peu  puis nous nous y engageons. Les gouttes de rosée tombant des arbres roulent sur nos visages s’accrochent dans nos cheveux comme des perles ; un oiseau piaille dans son sommeil au creux de son nid .

    Nous marchons vite le sentier est facile puisque Jean l’a dégagé depuis peu ….nous émergeons de la futée au bord du talus…le ciel est translucide , la clairière est encore dans la pénombre . Jean m’aide à descendre car l’herbe humide est glissante . A part le friselis de la brise nul bruit ne trouble le silence , à ce moment même je pense au matin d’il y a dix ans ; j’appréhendais cet instant . Tout est tranquille!….avant notre départ  grand’mère m’a dit-« tu monteras dans la chambre haute » confiante je suis son conseilE_K880_L_escalier_Affiches .

    En gravissant les marches de pierre mon cœur se serre…qu’allons nous trouver ? Passant devant moi Jean tourne le loquet …la porte s’ouvre sans bruit…. La lumière nacrée de l’aube baigne la pièce parfaitement en ordre . Le chandelier à disparu….J’approche de la table sur laquelle Jean pose la besace pour ouvrir la fenêtre en grand . L’odeur de la terre humide, celle des arbres entrent à grandes goulées. Nous nous regardons…il défait les boucles du sac en retire une nappe blanche que j’étale sur la table où je pose le tourteaux enveloppé d’une serviette blanche, également , des fruits , deux pots de confitures faites maison quelques carrés de chocolat .Tout est silence !

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