07 mai 2009

Et alors....

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Il fait encore nuit , quand elle nous réveille. Sans protester car nous pressentons que c’est un jour important nous descendons dans la cuisine . Ensemble nous déjeunons ; sur ses conseils nous enfilons des bottes car :-« y’a d’l’aigail » c'est-à-dire de la rosée , l’automne est là .  Elle pose sur mes épaules sa cape de bergère… donne à Jean la besace de grand-père dont il passe la courroie sur son épaule  et l’air de rien me dit :-« à l’Embellie tu sauras c’ qui faut faire… allez maintenant c’est l’heure ! »tout en parlant elle nous accompagne à la barrière du jardin pose sa main sur la mienne –«  vas ma m’gnonne » !

Mestachibo_09L’aube est encore loin lorsque nous prenons le chemin creux qui mène aux quatre Chênes , il fait noir sous les arbres. Je passe mon bras sous celui de Jean dont la main emprisonne la mienne ça me rassure. Nous n’avons pas besoin de parler étant sur la même longueur d’ondes .Au début du sentier menant à l’Embellie , nous hésitons un peu , très peu  puis nous nous y engageons. Les gouttes de rosée tombant des arbres roulent sur nos visages s’accrochent dans nos cheveux comme des perles ; un oiseau piaille dans son sommeil au creux de son nid .

    Nous marchons vite le sentier est facile puisque Jean l’a dégagé depuis peu ….nous émergeons de la futée au bord du talus…le ciel est translucide , la clairière est encore dans la pénombre . Jean m’aide à descendre car l’herbe humide est glissante . A part le friselis de la brise nul bruit ne trouble le silence , à ce moment même je pense au matin d’il y a dix ans ; j’appréhendais cet instant . Tout est tranquille!….avant notre départ  grand’mère m’a dit-« tu monteras dans la chambre haute » confiante je suis son conseilE_K880_L_escalier_Affiches .

    En gravissant les marches de pierre mon cœur se serre…qu’allons nous trouver ? Passant devant moi Jean tourne le loquet …la porte s’ouvre sans bruit…. La lumière nacrée de l’aube baigne la pièce parfaitement en ordre . Le chandelier à disparu….J’approche de la table sur laquelle Jean pose la besace pour ouvrir la fenêtre en grand . L’odeur de la terre humide, celle des arbres entrent à grandes goulées. Nous nous regardons…il défait les boucles du sac en retire une nappe blanche que j’étale sur la table où je pose le tourteaux enveloppé d’une serviette blanche, également , des fruits , deux pots de confitures faites maison quelques carrés de chocolat .Tout est silence !

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06 mai 2009

Allumer le four

Y aura d’l’ ouvrage à faire : c’est la veille de la Saint Michel , faudra allumer le four. Jean t’ iras chercher l’bois dans la petite remise du fond. Dormez bien ! »

     dormirAussitôt avoir regagnés notre chambre aménagée dans l’ancien grenier à foin , épuisés par tant d’émotions nous nous endormons comme des enfants. 

Au chant du coq , j’entends Angèle aller et venir  l’odeur du café-chicoré , celle des crêpes montent jusqu’à nous …elle nous appelle-« Jean mon valet viens-t’en y faut qu’t’allumes le four sitôt qu’t’auras fini de manger ». Je me demande ce qui la presse ainsi…-« en deux temps , trois mouvements »nous la rejoignons dans la vaste cuisine ouverte sur le jardin

L’aurore glisse comme une danseuse sur les rondeurs des pommiers dans le verger…dehors il fait frais . Nous nous éclaboussons d’eau dans l’auge de pierre .

   Un-« v’nez mérander les petits » nous interpelle ; dans le patois de grand’mère-« mérander » signifie  manger. Tandis que nous dégustons notre petit déjeuner , elle s’affaire : ouvre la maie y verse de la farine ; de l’eau ( tiens elle ne mets ni sel ni levain)  et commence à les mélanger d’une main légère . Elle s’active en gestes vifs et précis. Lorsque la pâte roule en boule souple elle la recouvre d’un torchon tiré du bahut . Captant mon regard surpris , elle y répond par un-«  t’ occupes pas ma m’gnonne » !   four_C3_A0pain2Jean , après avoir balayé le four le remplit de fagots secs et de quelques bûches puis y glisse en dessous un brandon enflammé , aussitôt ceux-ci s’embrasent. Les flammes s’enroulent sur elles mêmes gênées par la voûte du four qu’ elles lèchent de leurs langues vermeilles. Doucement il en ferme les portes à demi ; le feu ronfle de rage .Puis quelques instants après il les referme complètement. Le grondement sourd des flammes s’atténue en longs soupirs .    Après une demie heure , le four, ouvert révèle les braises rougeoyantes : , Jean les retire à l’aide de la pelle à feu et les recueille dans-«  l’étouffoir » . Ensuite. il passe une serpillière emmanchée à la dite pelle dans ce dernier pour en atténuer la chaleur qui s’évapore en volutes blanc.

   PETRIREPendant qu’ il s’active ainsi ,grand’mère et moi pétrissons la pâte du bout des doigts , avant de l’étirer en longs rubans souples qui se déchirent. Nous aplatissons chaque morceau de la paume de la main pour en faire ce qu’elle appelle-« des tourteaux » . Puis , nous les déposons dans les paillons » afin que la pâte se repose . A l’aide de la pelle à longue queue , Angèle les enfourne à même la sol chaude du four où ils vont cuire doucement , prenant une couleur ivoire un peu roussie sur les bords…mais moelleux à cœur , malgré leur air tristounet. L’après midi nous allons voir la parenté la plus proche. Nous revenons à la lune montante après avoir soupé chez tante Gemma une des sœurs de grand’mère. La nuit est claire , nous traversons les prés en passant les échaliers .

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04 mai 2009

Silence

u17640452Pas une voix, pas un chant , ni de  notes charmeuses le silence règne en maître .Tous les deux nous descendons le talus .Il nous semble être dans un lieu sacré ; nous marchons doucement , sans parler !Le pommier est énorme .

En transparence Ils sont là :comme dans un rêve.  Jean m’appelle je le rejoins…il se tourne vers moi  dans un éblouissement je-« vois » Mihiel écartant les branches basses de l’églantier.

  De sa main tendue il me montre le pilier sur lequel s’appuie l’arbuste ; sur celui-ci est gravé dans la pierre tachée de brun : une étoile… une colombe et un M entrelacés ! Je le revois de dos  près de ce même pilier il y a dix ans…. 

C’est cela qu’il faisait ! Subitement , tout se brouille…le sourire de Mihiel  m’éblouit , je suis comme suspendue dans l’espace , fragile…la voix de Jean me parvient de très loin…. –

« Reviens ,reviens ! » un balancement léger , j’ouvre les yeux dans ses bras , il me serre très fort contre lui en murmurant :-« j’ai eu peur que tu ne reviennes pas …il est si beau ! »

-« tu as vu Mihiel ? »

-«  oui comme je te vois , il a du sentir ma crainte car il m’a souri juste avant le balancement qui t’a ramenée et…il s’est comme effacé » !

Un roucoulement de colombe .un froufroutement d’ailes…elle traverse le ciel en frôlant la cime des arbres au dessus de nous presque au ralenti puis s’élève et …disparaît . Nous restons longtemps dans la brise du soir et revenons à pas lents en nous donnant la main sous le charme de cette rencontre surprenante .

  Pourquoi ai-je la sensation que nous allons apprendre encore bien des choses, ce n’est pas pour rien que nous venons de vivre cela , Jean pense comme moi ! Grand’mère nous attend sous la tonnelle de l’églantier ; le crépuscule arrive ; nous nous asseyons ; le silence dans la paix du soir  n’est pas comme d’habitude.

Elle répond enfin à mes interrogations d’enfant !

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03 mai 2009

Retour

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Je retourne au pays avec Jean mon mari en Septembre mil neuf cent cinquante trois….il y a dix ans j’en repartais l’âme chavirée . Philibert mon grand-père a rejoint –« les prairies célestes ». Grand’mère Angèle nous accueille à bras ouvert en compagnie de Francoeur le chien .

Le lendemain de notre arrivée , dans la matinée  j’entraîne Jean en balade .

Dans le sac que nous emportons grand’mère glisse le faucillon de grand père…elle ne dit rien… c’est sa façon de me faire comprendre qu’elle sait le but de notre promenade…pourtant , je ne lui ai rien dit…complicité de femmes ! Chemin faisant je raconte a Jean l’ histoire du Moulin de l’Embellie ainsi que ma rencontre avec ses habitants , et l’ immense chagrin qui m’a submergé.

Les quatre Chênes montent toujours la garde à l’orée des chemins , ils sont encore plus imposant que dans mon souvenir.

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Le sentier menant à l’Embellie disparaît  sous les herbes folles les haies prennent toute la place. Les orties sont presque géantes et nous piquent cruellement . Avec le faucillon Jean trace un passage , nous avançons difficilement ; au fur et à mesure de notre progression les bruits de la nature s’estompent .-

« J’ai l’impression , de passer le seuil d’ un autre monde depuis que j’ai commencé à faire le passage » me dit il , je suis de son avis , retrouvant la vibration étrange qui m’avait saisie lors de ma venue avec Madeleine .

    Les ronciers sont –« monstrueux »; pas un souffle d’air dans cette pénombre verte….Enfin par une trouée le ciel apparaît…quelques coups de faucille…nous fermons les yeux éblouit par la clarté ; les ouvrant…nous sommes au bord du ciel !

En contre bas du lieu où nous sommes , la clairière baigne dans la même brume ensoleillée ! La maison disparaît sous la clématite qui s’est appropriée la roue à eau entièrement , et chevauche la toiture . Un églantier planté prés du porche lui tient compagnie . La source ne chante plus..

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02 mai 2009

Une page se tourne

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Avec eux pas de questions ..simplement un accueil tout en tendresse ; rassurée par la confiance dont ils font preuve à mon égard , au bout de deux ou trois jours ….j’ose parler de ce chagrin, de toutes ces interrogations qui me font si mal .

-« Laisse couler tes larmes petite tu as le droit de pleurer ; après tu te sentiras mieux ». En effet épuisée par les sanglots je me suis endormie jusqu’au matin . Le lendemain …plus de fièvre .

         Tous les deux m’expliques que je pourrais dans quelques temps savoir le fin mot de histoire…

Cela me rassure qu’ils ne mettent pas ma parole en doute…Tranquillisée, confiante ,je reviens à la maison ; à nouveaux je reprends livres et cahiers avec plaisir  , non plus pour m’empêcher de penser. mais pour apprendre découvrir , aller de l’avant !

   Lorsque le souvenir de ceux de l’ Embellie monte en moi je n’éprouve plus ce sentiment de désespoir qui m’a tant fait souffrir et aurait pu me détruire si des adultes sensibles attentifs n’avait prit le soin de me dire qu’ils me croyaient tout simplement .Je sais bien que Philibert et Angèle ont été désemparés .

Je me souviens de leur réaction vis-à-vis de Madeleine…moi je ne voulais que leur faire partager la joie  d’avoir découvert le Moulin de l’Embellie et ses habitants . Je ne leur en veux pas , j’ai mûris un peu plus vite que les filles de mon âge ,c’est tout.

Mais que ça fait mal de ne pas être compris .

Le secret de l’Embellie ?..car il y en a un , j’en suis certaine…me sera donné , sans que je pose de questions lorsque je serais prête à le connaître !

Je reviens a Chantalouette , l’année suivante. Pendant quelques jours ; au fond de moi j’espère que quelqu’un parlera de l’Embellie , mais personne n’y fait allusion je comprends que le bon moment n’est pas encore arrivé .

Il en est de même les deux années suivantes. Cette année là mon père est hospitalisé . J’ignore que je ne reverrai Chantalouette que des années plus tard . Malgré cela je n’oublies pas ….c’est comme si une petite part de moi  veillait la bas.

Je suis la première surprise de ma patience .

J’attends , et espère .

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30 avril 2009

Départ

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Le soir du douze Septembre ma mère ferme ,ma valise. Le lendemain grand’mère me serre très fort contre elle :-« va petiote, plus tard tu sauras ».

gp_chienGrand-père nous conduit à la gare, avant de repartir il caresse mes cheveux, m’embrasse :-« ma m’gnonne ne pleure pas , c’est mieux comme ça »  Je l’embrasse fort ; je sais que je ne le reverrai pas. Longtemps il reste sur le quai à nous saluer en agitant son-« feutre »noir .  J’ai du chagrin en pensant à ceux de l’Embellie ! Je reviens donc chez moi toute « chamboulée »

La rentrée des classes arrive et pour une fois ne me trouve pas réticente au contraire des autres années.

Je me lance à fond dans les devoirs et les leçons ; comme ça j’évite de penser à l’Embellie .

Pourtant de temps à autre , mon attention faiblit ; sans le vouloir, je me surprends , je m’évade vers ceux qui me manquent. Comme il est étrange ce sentiment qui me submerge au moment où je ne m’y attends pas.

Nostalgie

      Il suffit de peu de chose : un coin de ciel entre le feuillage des arbres, un parfum de pommes mures , le reflet du soleil sur une chevelure , une voix de femme qui murmure une chanson….c’ est fugace bien plus fait de sensations que de tangible .

Un matin , un accès de fièvre m’oblige à rester au lit :-« elle travaille trop…. ,toujours le nez dans ses bouquins »dit mon père . Quelques jours passent …

Je ne me sens pas mieux ; un peu inquiets mes parents appellent le médecin.

   Celui-ci me trouve « une petite mine » me pose des questions auxquelles je ne réponds pas… ne sachant comment expliquer la nostalgie qui m’habite .

Me connaissant bien il se rend compte que pour le moment il est préférable de   m’éloigner des leçons et des devoirs dans lesquels je-« plonge »trop , ce n’est pas  mon habitude n’étant pas une enfant très studieuse plutôt fantaisiste , préférant le jeu et les balades , il conseille quelques jours de repos et un fortifiant. C’est ainsi que je me retrouve à « Belfontaine »chez Alphonse et Valentine mes autres grands parents : les parents de mon père.

PAYSAGE

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29 avril 2009

Le Soir..

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Lorsque nous arrivons à Chantalouette , la première étoile s’allume .

        -«  Rentre ma m’gnonne » me dit grand’mère sans un regard pour Madeleine .

J’entends grand- père lui parler

-« enfin Made à quoi penses tu, emmener la petiote là bas » ; la réponse de la jeune fille se perd dans un murmure .  Fatiguée par tant d’émotions je m’endors rapidement sur un air de violon ! Je me réveille très tôt…moi habituellement si paresseuse ; pieds nus , en chemise de nuit , je rejoins grand’ mère qui fait des gaufres –« vous savez grand’mère hier avec Madeleine , je suis allée au Mou…. » elle ne me laisse pas terminer ma phrase et me répond très vite :-« mais non ,mais non , t’ as rêvé petiote….t’as bien dormi ? »..inutile d’ insister je n’aurais pas de réponse .Je cours retrouver grand-père dans le jardin sachant bien qu’il se doute de ma question j’affirme à mi voix…

-« j’ai vu Yonah et Mihiel hier »..il me répond doucement :-« je sais …n’en parles pas…tu n’as rien vu…oublies ma m’gnonne »

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Je fais oui de la tête , son air triste m’impressionne. Madeleine m’évite , me sourit de loin …elle ne vient plus prendre le café à la maison : j’aimerai bien comprendre , mais personne ne répond à mes questions ,ou on me parle d’ autre chose , j’ai la l’impression que l’on me prend pour une idiote .

  Je sais moi que je n’ai pas rêvé et que je n’invente rien Madeleine était avec moi !...

Ils se rendent vite compte que mes escapades n’ont qu’un but : retrouver ceux del’Embellie ; il y a toujours quelqu’un sur mon chemin pour me faire faire demi tour et me raccompagner à Chantalouette en dépit de mes protestations. Maman vient me chercher plus tôt que prévu ; je suis contente de son arrivée . Elle est surprise de la tristesse qui m’étreint en fin de journée .

      A présent je n’ai qu’un désir…repartir puisque revoir ceux de l’Embellie m’est interdit.

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28 avril 2009

Famille

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Puis c’est à leur tour ….Madeleine commence par l’homme si beau il se nomme : -« Mihiel » c’est l’époux de Yonah…leur bébé Solange…Jean qui a mon âge le frère de Mihiel , Marie et Justine les petites sœurs de Yonah . Ils sont rayonnants de sagesse pour des enfants aussi jeunes. Regards bleus ou sombres … une brune une blonde … Jean a la même chevelure que son  frère.

5460_Ronde_Timidement nous nous donnons la main et comme tous les enfants du monde nous rions heureux d’être ensemble ,tout simplement ,et il fait si beau . Aimablement ils nous invitent à entrer.

Sous l’auvent , une volée de marches en pierres usées nous mène dans une grande pièce aux murs chaulés de blanc . Une longue table escortée de deux bancs… la cheminée profonde occupe tout un pan de mur avec le-« potager » Face à ces dernier une « maie » sur laquelle trône un magnifique chandelier à sept branches…je n’en ai jamais vu de si beau , il brille comme un soleil contre le mur ombré ! La fenêtre est grande ouverte sur le ciel d’été et sur la cime des arbres. La clématite audacieuse est en visiteuse ses fleurs bleues chatoient sur le rebord de pierre de la fenêtre….ça sent bon la pomme et l’herbe coupée , on est bien !

Madeleine sort de son panier une miche de pain  des fruits ,deux pots de confiture 006630faites maison….un peu de chocolat que les enfants regardent avec envie….c’est une friandise si rare.. !

Le temps est vite passé , nous devons repartir….

En redescendant , je vois dans la remise , un cadre de bois dont on se sert  pour faire les couvertures piquées des corbeilles remplies de laine cardée , un rouet et sa quenouille coiffée de la même toison ! Tout cela s’imprime en moi .

Dehors , Mihiel saisit le violon posé sur un tabouret que je n’ai pas remarqué en arrivant.

L’archet glisse doucement  sur les cordes de ce dernier entre les doigts du musicien c’est l’enchantement ! Je n’ai jamais oublié . Tous nous accompagnent au pied du talus . Nous nous embrassons. Un émoi inconnu que je ne connais pas me serre la gorge . Je les regarde intensément : Yonah , Mihiel….les petits , sans savoir pourquoi…je ne les connais pas….une vague de chagrin immense me submerge , les larmes roulent sur mes joues . Ils sont presque irréels dans le soleil ; le violon chante sous les doigts de Mihiel , tout est au ralenti comme hors du temps….- « Allez viens ,il se fait tard » . A regret je suis Madeleine ; nous ne parlons pas...Le chemin du retour me semble bien long .

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27 avril 2009

Rencontre...

PAPA

    Levant la tête vers son compagnon , je suis charmée par sa présence  . Ses yeux clairs lumineux  rient en illuminant son visage bronzé . Ses cheveux couleur de mûres bouclent sur son front et dans son cou . Quand il se penche vers moi je vois l’anneau d’or qu’il porte à l’oreille . Il prend ma main d’enfant l’effleure d’un baiser par jeu ce qui me fait rougir je ne suis pas habituée à tant de délicatesse !

Les petits plus jeunes que moi nous entourent ; un garçon a mon âge à peu prés. Madeleine me présente en disant que je suis la petite fille d’Angèle et de Philibert ils sourient , il me semble qu’ils sont émus .

Puis c’est à leur tour ….Madeleine commence par l’homme si beau il se nomme : -« Mihiel » c’est l’époux de Yonah…leur bébé Solange…Jean qui a mon âge le frère de Mihiel , Marie et Justine les petites sœurs de Yonah . Ils sont rayonnants de sagesse pour des enfants aussi jeunes. Regards bleus ou sombres … une brune une blonde …

   Jean a la même chevelure que son  frère. Timidement nous nous donnons la main et comme tous les enfants du monde nous rions heureux d’être ensemble ,tout simplement ,et il fait si beau . Aimablement ils nous invitent à entrer.

  Sous l’auvent , une volée de marches en pierres usées nous mène dans une grande pièce aux murs chaulés de blanc . Une longue table escortée de deux bancs… la cheminée profonde occupe tout un pan de mur avec le-« potager »

Face à ces dernier une « maie » sur laquelle trône un magnifique chandelier à sept branches…je n’en ai jamais vu de si beau , il brille comme un soleil contre le mur ombré !

La fenêtre est grande ouverte sur le ciel d’été et sur la cime des arbres. La clématite audacieuse est en visiteuse ses fleurs bleues chatoient sur le rebord de pierre de la fenêtre….ça sent bon la pomme et l’herbe coupée , on est bien !

Madeleine sort de son panier une miche de pain  des fruits ,deux pots de confiture faites maison….un peu de chocolat que les enfants regardent avec envie….c’est une friandise si rare.. ! Le temps est vite passé , nous devons repartir….

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26 avril 2009

La Surprise

Le Moulin de l'Embellie

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-«  C’est Le Moulin de l’Embellie » chuchote Madeleine.

Un homme jeune , très grand se tient debout prés du pilier de l’auvent en nous tournant le dos , personne ne nous a entendu arriver. J’entends le clapotis de l’eau sur les cailloux bleu du ruisseau …nous sommes en surplomb au bord du haut talus et pouvons embrasser d’un seul regard le tableau paisible.

Tout autour c’est la forêt , hêtres et  chênes  se mêlent aux ormeaux au bord du ruisseau qui serpente parmi eux.

A nouveau les oiseaux chantent ,une brise parfumée nous enveloppe atténuant la chaleur de sa caresse rafraîchissante !

Un des enfants nous voit et crie :-« Yonah » en nous montrant du doigt ; -« C’est moi » dit Madeleine à voix haute . La jeune femme a sursautée au cri du petit…. Rapide comme l’éclair ,d’ un seul élan l’homme est près d’elle. Les enfants les rejoignent .

Je sens l’ inquiétude vite réprimée que notre arrivée provoque. Immobiles ils attendent….Madeleine descend je la suis . A son tour elle dit le mot  prononcé par l’enfant :-« Yonah ma colombe » celle-ci dépose son bébé dans sa –« berce » d’osier, tend les bras en souriant vers Madeleine , elles s’étreignent  s’embrassent chaleureusement.

L’homme sourit en la reconnaissant et les enlace toutes les deux, puis faisant un pas en arrière il s’incline devant la petite fermière ce qui la fait rire.

-« Viens » me dit elle , je m’approche un peu intimidée ;

Ils sont si beaux ! Le regard chaud de Yonah se pose sur moi avec douceur , sa peau est douce et parfumé  quand elle m’embrasse !

Levant la tête vers son compagnon , je suis charmée par sa présence  . Ses yeux clairs lumineux  rient en illuminant son visage bronzé . Ses cheveux couleur de mûres bouclent sur son front et dans son cou . Quand il se penche vers moi je vois l’anneau d’or qu’il porte à l’oreille . Il prend ma main d’enfant l’effleure d’un baiser par jeu ce qui me fait rougir je ne suis pas habituée à tant de délicatesse !

Les petits plus jeunes que moi nous entourent ; un garçon a mon âge à peu prés. Madeleine me présente en disant que je suis la petite fille d’Angèle et de Philibert ils sourient , il me semble qu’ils sont émus ......

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à suivre

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