Du même geste qu’autrefois je pousse la barrière…ce qui me saute aux yeux n’est pas l’absence de la maison mais son emplacement , les pierres des fondations sont intacts comme lavées ,brossées de frais dans la clarté du jour, le sol autour balayé je n’en crois pas mes yeux ,m’avançant je remarque le pierre du seuil usée à sa place , un peu en retrait sous un auvent de bois tressé contre la haie de roncier le manteau de la cheminée gravé de dessins naïfs bien à l’abri est entreposé….

Je remarque les bordures de pierres séparant le jardin fouillis , fleuri , de l’endroit ou jadis se dressait Chantalouette , les rosiers pompoms font la fête sur la tonnelle en plein « mitant » , au fond le verger et des pommiers ,les oiseaux s’égosillent dans les palisses entourant mon paradis….

-« B’jour madame , j’m’appelle Pierrot … vous v’lez voir papa ? »il a cinq  ou six ans , prends ma main en disant « viens » tout hélant de sa voix flûtée « P’pa y a une dame pour toi »…