u17640452Pas une voix, pas un chant , ni de  notes charmeuses le silence règne en maître .Tous les deux nous descendons le talus .Il nous semble être dans un lieu sacré ; nous marchons doucement , sans parler !Le pommier est énorme .

En transparence Ils sont là :comme dans un rêve.  Jean m’appelle je le rejoins…il se tourne vers moi  dans un éblouissement je-« vois » Mihiel écartant les branches basses de l’églantier.

  De sa main tendue il me montre le pilier sur lequel s’appuie l’arbuste ; sur celui-ci est gravé dans la pierre tachée de brun : une étoile… une colombe et un M entrelacés ! Je le revois de dos  près de ce même pilier il y a dix ans…. 

C’est cela qu’il faisait ! Subitement , tout se brouille…le sourire de Mihiel  m’éblouit , je suis comme suspendue dans l’espace , fragile…la voix de Jean me parvient de très loin…. –

« Reviens ,reviens ! » un balancement léger , j’ouvre les yeux dans ses bras , il me serre très fort contre lui en murmurant :-« j’ai eu peur que tu ne reviennes pas …il est si beau ! »

-« tu as vu Mihiel ? »

-«  oui comme je te vois , il a du sentir ma crainte car il m’a souri juste avant le balancement qui t’a ramenée et…il s’est comme effacé » !

Un roucoulement de colombe .un froufroutement d’ailes…elle traverse le ciel en frôlant la cime des arbres au dessus de nous presque au ralenti puis s’élève et …disparaît . Nous restons longtemps dans la brise du soir et revenons à pas lents en nous donnant la main sous le charme de cette rencontre surprenante .

  Pourquoi ai-je la sensation que nous allons apprendre encore bien des choses, ce n’est pas pour rien que nous venons de vivre cela , Jean pense comme moi ! Grand’mère nous attend sous la tonnelle de l’églantier ; le crépuscule arrive ; nous nous asseyons ; le silence dans la paix du soir  n’est pas comme d’habitude.

Elle répond enfin à mes interrogations d’enfant !

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